Séance Tonnerre-Culture : « Ligne de vignes » de Thierry Pouget

Séance Tonnerre-Culture : « Ligne de vignes » de Thierry Pouget

Tonnerre Culture et la ville de Tonnerre organisent une projection du film-documentaire « Ligne de vignes » de Thierry Pouget qui sera présent. Rendez-vous le samedi 2 février à 20h30 au cinéma-théâtre de Tonnerre.

Présentation : 

C’est à cause du givre. Ou plutôt c’est grâce au givre que Thierry Pouget a eu l’envie de filmer ce documentaire.
Le déclic s’est passé un matin alors que les ceps de vignes appartenant à ses voisins scintillaient de froid dans la campagne blanchie par le givre.

Il y a 30 ans, Duarte et Mira Dos Santos, ses voisins, quittèrent leur Portugal natal pour la Bourgogne à la recherche de travail.

Sans argent et ne parlant pas un mot de français, ils sont néanmoins embauchés comme tâcherons dans un domaine viticole dans lequel ils travaillent encore aujourd’hui. Ce domaine, entre la région qu’on appelle le grand Auxerrois et la Bourgogne septentrionale, se situe près de Chablis et Tonnerre.

Ce matin-là, dans un ciel bleu cristallin, le soleil se battait contre les brumes matinales et l’air glacial. Au milieu de cette scène figée, Duarte et Mira travaillaient dans leurs vignes. Seuls.

Pendant une année, la caméra de Thierry Pouget s’est immiscée presque confidentiellement non seulement dans le travail quotidien mais également au plus près de ces gens « qui ont les mains dans la terre ».

Les séquences et le montage sont affûtés comme les sécateurs que Duarte prend soin d’aiguiser cérémoniellement tous les soirs durant les trois mois de taille des vignes.

Par la réalisation, tout devient palpable à travers l’écran : le froid cinglant des matins printaniers; la complicité, la bienveillance et l’amour du couple face aux travaux de la vigne; la réalité de ce travail physique et mental.

« Comment ne pas filmer cette beauté, ce paysage hallucinant, comment ne pas filmer ce travail éprouvant, comment ne pas filmer ce courage, cette force, cette gentillesse et cet amour qui se dégageaient d’eux, dans ce décor inouï. »
Thierry Pouget

La précision de la bande sonore rythme le documentaire par les coups de sécateurs électriques ou par l’attacheur qui permet de lier le sarment au fil de fer du palissage

Palpable, il l’est aussi le cycle des journées de travail qui, elles, composent les deux grands cycles de la vigne : le cycle végétatif de mars à mi-novembre pour l’hémisphère nord; et la dormance d’hiver de mi-novembre à mars.

Comment parler de viticulture sans évoquer les aléas de la nature, ceux contre lesquels l’humain ne peut rien ou si peu. Je pense à la réaction de Duarte et Mira et leur sagesse exemplaire face à l’anéantissement presque total d’une partie du vignoble malgré les brasseurs d’air, asperseurs et brûleurs que sont les protections contre les gelées printanières tueuses.

Le film se termine sur les vendanges et, une fois que débute le générique de fin, il y a cette étrange sensation qui demeure : d’une part d’être bien et presque de ressentir l’envie de faire comme Duarte et Mira; d’être comme eux.

Tonnerre